La Compagnie des colonies suisses de Sétif

La Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif est une société privée par actions fondée à Genève en 1853 grâce à une concession impériale de la France qui lui octroie 20’000 hectares de terrain en Algérie pour en faire une colonie de peuplement agricole. Elle cesse d’exister en 1956. Plusieurs notables de Genève en sont les concessionnaires au moment de la fondation, comme François Auguste Sautter de Beauregard (1826-1885) et Paul-Élisée Lullin (1800-1872). Les affaires impliquent plusieurs millions de francs de l’époque. Le futur initiateur et cofondateur du mouvement humanitaire de la Croix-Rouge, Henry Dunant (1828-1910), est un employé de cette compagnie. Par ce biais, il s’établit en Algérie et lance ses propres entreprises coloniales, comme la Société financière et industrielle des moulins de Mons-Djémila, dont les actions sont achetées par d’illustres Genevois à l’image du général Guillaume Henri Dufour (1787-1875) et du naturaliste Henri de Saussure (1829-1905).

Fabio Rossinelli
  De Jacques Pous à Henry Dunant par Lisa N'Pango Zanetti et Fabio Rossinelli   [PDF 1.0 Mo]

Cet article présente la biographie hors du commun de Jacques Pous un ancien missionnaire français au Sri Lanka, déserteur de l’armée coloniale de France et réfugié clandestin à Genève, ainsi que son travail sur Henry Dunant co-fondateur de la Croix-Rouge, sorte d’héros de la philanthropie chrétienne dans la mémoire collective genevoise, suisse et européenne.

Si son passé de colon affairiste en Algérie, longtemps tombé dans l’oubli, a refait surface, c’est notamment grâce au travail de Jacques Pous. Dans son premier livre, Henry Dunant l’Algérien ou le mirage colonial (1979, Genève, Éd. Grounauer), il retrace le parcours de Dunant en Algérie, d’abord employé de la Compagnie genevoise des colonies suisses de Sétif, puis entrepreneur indépendant.

Menant une enquête archivistique digne d’un policier des plus expérimentés, Jacques livre une histoire plus vaste de lui et de son protagoniste – c’est une brèche, une ouverture, une remise en cause de l’image mythique d’une Suisse pacifiste et éloignée du colonialisme, et de toutes ses grandes figures légendaires.

Cela se passe à une époque où l’on ne débat même pas des liens entre Suisse et colonialisme.
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